Est-ce le bon moment d’acheter de l’or ?

Alors que l’or souffre logiquement de la remontée des taux réels (les taux à long terme des obligations d’État, déduction faite des anticipations d’inflation à moyen terme), son cours semble résister remarquablement bien.

 

« Le cours de l’or a clôturé le mois d’août avec une progression modeste de 0.27% sur le mois. Sur les deux mois d’été, c’est donc une progression de plus de 2% pour le cours. Ceci porte la performance de l’investisseur européen depuis le début de l’année à + 5.34% en euros », indique la dernière note du Comptoir National de l’Or. 

 

Les raisons ? Les investisseurs s’attendent à un reflux des taux réels à moyen terme et anticipent déjà cette inflexion à venir en se plaçant d’ores et déjà sur l’or. Une analyse confirmée par Lisa Shalett, directrice des investissements de la branche gestion de fortune de la banque d’affaires Morgan Stanley, « l’or résiste peut-être en tant que devise alternative, alors que le dollar est jugé vulnérable à un décrochage”, du fait “de l’inflation et de dépenses financées par un déficit budgétaire en pleine explosion”.

 

En conséquence, pour un horizon de moyen terme, la banque américaine est acheteuse de métal jaune en cas de baisse du cours, ou en cas de baisse des taux.  « Une pause de la hausse des taux, ou une baisse, est généralement favorable au métal jaune », complète le Comptoir National de l’Or.

 

Autre atout du métal jaune, les dépenses d’exploration de nouveaux gisements d’or s’affiche en nette hausse. En 2022, 6.92 milliards de dollars ont été consacrés à des projets d’exploration de nouveaux gisements de métal jaune. Ce budget, en hausse de 12%, représente plus de la moitié des budgets d’exploration de tous les métaux, selon le rapport World exploration trend de Standard & Poors. La moitié environ des projets d’exploration de métal jaune sont portés par de petites sociétés, l’autre moitié restant l’apanage des majors du secteur.

 

Si la hausse des budgets pourrait laisser envisager une augmentation des ressources et une hausse de la production défavorable au cours, elle traduit surtout une difficulté à trouver de nouveaux gisements facilement accessibles. Le nombre de découvertes majeures est certes resté stable entre 2021 et 2022, mais la quantité d’or qu’ils contenaient a été presque divisée par 2 selon l’agence américaine.
 

Dernier point, les analystes scrutent de près les achats en or des banques centrales. L’achat de 30 tonnes d’or en Lybie, portant à 147 tonnes les réserves (source FMI) n’est donc pas passée inaperçue. La Lybie est exportatrice net de produits pétroliers et cherche probablement à diversifier les dollars qu’elle accumule en réserves de change.
En comptant les achats de la Chine et de la Pologne (plus de 20 tonnes chacun), et de façon plus modeste ceux du Qatar (3 tonnes), Singapour (2 tonnes), et de la République Tchèque (2 tonnes), les achats totaux des banques centrales atteignent 55 tonnes en juillet selon le World Gold Council.

 

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